Texte

Verrière : Raine people (1987)

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On peut ne pas aimer la peinture de Jean Raine - qui dort en paix depuis peu. Il est permis d’être rebuté par ce brouillamini d’origine Cobra. On peut penser que les hiboux de Gheldrode n’impressionnent ni n’expressionnent plus personne dont Raine parait toujours illustrer "le Grand Macabre". Mais ces tourbillons hâtifs s’enroulent aux soleils arrachés de Van Gogh, aux "Tournesols" devenus si coûteux. C’est que Dada est au musée et qu’on n’arrète plus de savoir ce qu’ils ne voulaient pas, ces arracheurs d’art, contents aussi d’incommoder.

L’exposition montée par Bertrands Puvis de Chavannes met un peu d’ordre et de lumière par un bon accrochage plat dans cette outrance approximative et un peu débraillée. On aimerait parler de soulèvements cosmiques mais est-ce bien raisonnable ? C’est une exposition plus grave qu’on n’y paraît. On a plaisir à voir un film de S.Orecchioni et B.P.C. : Jean Raine vivant à quatre pattes avec son gamin et sa peinture sur le sol. C’est cette image qu’on gardera.

Adorné de fautes et de coquilles, le petit catalogue est bien pensé, bien imprimé, et il est en couleurs.

Le vernissage du 29 septembre a rassemblé rue Auguste Comte une petite foule amoureuse de peinture que Jacques Verrière - un an bientôt - eût aimé voir dans sa galerie que mère et soeur maintiennent comme une évidence. Qu’elle est en effet. Mes compliments Mesdames.