Texte

Le Temps du verbe (1970)

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Pour bien me situer il faut me considérer dans ma vie, ma pensée et mon oeuvre comme fondamentalement surréaliste. Dès 1946 (je suis né en 1927), je reconsidérai avec Breton le problème de l’acte automatique au "merveilleux" duquel aspire la création. Breton avait constaté l’infortune continue de l’écriture automatique, non seulement en littérature mais plus encore en peinture. De mes discussions avec lui j’avais conclu qu’il fallait reconsidérer le problème et ne pas désespérer.

A cet égard, Cobra fut d’une énorme importance. Ce mouvement débouchait sur une libération qui permettait l’exercice d’une spontanéité compatible avec la prospection de l’inconscient.

On sait que je peins essentiellement dans des états de médiumnité, souvent chèrement conquis, payant comme Baudelaire et bien d’autres, mon tribut à l’alcool et atteignant à un véritable dédoublement de ma personnalité. L’on n’atteint ses profondeurs, pour autant qu’elles existent, que par effraction violente de son être.