Texte

Essai d’analyse stétoscopique du continent belge (1964)

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La Libre mais sauvage Belgique

Non je ne jetterai pas de pierres dans le jardin de mon pays natal. C’est qu’au kilomètre carré, le caillou y est si dense (longtemps cette région des Gaules fut la plus peuplée d’Europe, avec comme débouchés, soixante ou quatre-vingt kilomètres de côtes d’où le regard, dans les brumes d’Ostende, renommée pour ses monstres marins - c’est bien connu, le belge aime la crevette tout autant que la frite, elle aussi maritime et naïve assez pour se laisser prendre à l’odeur des chaluts - scrute désespérément la mer grise pour apercevoir les falaises de Douvres, se détournant ingratement de ces régions d’Eupen-Malmédy chèrement conquises pourtant, où Athus imprime dans l’épiderme allemand, la marque infamante de la pointe émoussée d’une aiguille à tricoter) c’est donc, je le disais, qu’au kilomètre carré, le nombre de grosses têtes étant énorme, il faudrait à peine quelques kilos de ciment pour les rejointoyer.

Cependant, quelle faillite pour l’industrie du ciment ! Proust eût pu le souligner

Avertissement
Il n’est pas question d’humour ici et c’est à ce titre que Phantomas commence à m’énerver. La fleur qui fait rire ne fait qu’un bouillon dans l’athanor où décantent mes chagrins. D’ailleurs même si cela n’a, au premier abord, aucun rapport les pleurs de mon jardin ont des tiges critiques. A défaut d’écrire un livre, au sens Mallarméen, je libérerai quelques mots, dans l’esprit où l’on a fait de l’antipsychiatrie, bientôt de l’anti sociologie et de l’anti-anti- cher Lupasco- de nos veilles qui resteront, sans aucun doute, sans aucun lendemain qui n’ai de matin que celui de la veille.