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Des expos : Jean Raine, gallerie l’Ollave (1986)

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Qui connaît Jean Raine en France ? Qui connaît l’immensité de son oeuvre picturale (plus de trente ans de peinture), son oeuvre littéraire (aux Editons de la Différence) et cinématographique ? D’origine belge, il fréquente dans l’après guerre les milieux artistiques bruxellois, collabore avec Henri Langlois à la Cinémathèque Française, participe comme cinéaste au mouvement Cobra, qu’il juge sévèrement comme un avatar du surréalisme, mais à la suite duquel il se mettra à peindre. Ami intime des stars comme René Magritte, ou Pierre Alechinsky, sa peinture est toujours comme son esprit, indépendante, de celles qui se déploient sans souci d’histoire, dans l’autonomie de leur style, peut-être parce qu’elles ont justement plus de mémoire que leur époque.

Plus connue sans doute, sur la côte ouest des Etats-Unis qu’en France (alors qu’il n’y a séjourné que deux ans), son oeuvre se nourrit d’encre, de lavis et d’acrylique, explore les limites de la peinture et du dessin, de la figuration et de l’abstraction, toute en mouvement en mutations internes, en représentation "volatiles". Seule une rétrospective est capable aujourd’hui d’en rendre compte tant elle "prolifère" dans de très grands formats notamment. Mais on doit savoir gré à des galeries lyonnaises (L’oeil écoute et aujourd’hui l’Ollave) de montrer même partiellement les oeuvres récentes. Les peintures de 1985, réalisées surtout en Italie, démontrent suffisamment l’importance du peintre. Et la nécessité, voire l’urgence, pour nous et notre regard sur l’art contemporain, d’une présentation globale de son oeuvre.